Rosan Girard est né le 16 octobre 1913 au Moule à la rue des VENTRUS au bourg du Moule, mort le 05 juin 2001 à Paris. Il est le troisième fils d’Aristide et d’Augusta VAUTELY (maîtresse-femme). Alliance entre un instituteur franc-maçon et une mère voyante. Son grand-père était un petit blanc du Moule, pauvre sans fortune, il gagnait habituellement sa vie comme peintre en bâtiment et à l’occasion se faisait marin-pêcheur, sa femme une négresse noire Amélie Thérésine Bonil, née sur l’habitation du Moule, elle était la fille d’un esclave kongo qui avait pu s’acheter quelques terres après l’abolition. Il épouse à 24 ans Geneviève Dauphin, une jeune parisienne en 1937. Ses études : Il passa son examen d’entrée au lycée de CARNOT avec succès. Ce lycée sera pendant quarante ans un des critères majeurs distinguant « les réactionnaires de républicains. Il obtient son baccalauréat au Moule à 17 ans, il fait partie des trois lycéens à avoir son baccalauréat, cette année-là, le seul de la commune du Moule.
En 1930, Il alla faire ses études de médecine à Paris. Il réussit le concours de l’externat des hôpitaux avec le souci de s’inscrire dans les services qui pourraient lui être utiles dans sa pratique en Guadeloupe : vénérologie, dermatologie, urologie, diabétologie et nutrition, petite chirurgie à la porte de l’hôpital COCHIN. Il présentera sa thèse en 1937.Il devient docteur. Cela a été suffisant pour décider le maire, le pharmacien Romana de prier le jeune prodige de faire à sa place le discours du 11 novembre 1936. Sa formation politique : C’est un médecin et homme politique. Il fut maire de la commune du Moule de 1945 à 1953 de 1957 à 1962, puis de 1965 à 1971 et député communiste à l’Assemblée nationale de 1946 à 1958. C’est une personnalité marquante du mouvement anticolonialiste et révolutionnaire des Antilles Francophones. Principal fondateur du Parti communiste guadeloupéen. Il n’applique pas la théorie du marxisme à son parti mais il lui accorde son réalisme. Une philosophie de l’action au service du pays, une foi en l’avènement d’une société égalitaire, sans classe.
Il fut catalogué de forte tête mais ne part pas en dissidence, il préfère être utile à la Guadeloupe, il préfère répandre autour de lui ces points vue. Le 09 décembre 1941, il est décrété qu’il est un individu dangereux pour la défense nationale, il est interné administrativement 1 mois et demi au Fort Napoléon (Saintes). Il s’engage désormais vers la politiqué. Il propose en 1944. Il monte le parti communiste Guadeloupéen. Directeur du journal l’ETINCELLE. Ses propositions actions et réflexions : Il élabore un plan de protection de santé publique : Système d’assistance gratuite généralisée supprimant le paiement à l’acte et préfigurant, par un système original de cotisations, l’actuel régime de Sécurité sociale. Il prévoyait également d’une part, la répartition du corps médical en trois catégories : des omnipraticiens répartis en circonscriptions médicales sur l’ensemble du territoire ; un corps de spécialistes hospitaliers dans des structures, modernes installées à Pointe à Pitre et Basse Terre ; un corps d’infirmiers et de sages –femmes territorialisés, formés pour le traitement des affections courantes et pour les actes médicaux élémentaires. Ces derniers, véritables médecins auxiliaires, encadrés par les médecins diplômés, devaient permettre l’exercice d’une médecine de proximité.
Le second point consistait en la mise sur pied d’un système original et souple de semi- fonctionnarisation du corps médical rémunéré par une caisse autonome de la santé publique financée sur la base d’une cotisation assurance-maladie pour tous, réglée par prélèvement direct sur les salaires, sur les revenus ou en journées –travail pour les chômeurs et les indigents. Cette proposition n’a pas été acceptée à l’époque. Rosan Girard est nommé successivement membre de la Commission de la famille, de la population et de la santé publique, de la Commission du suffrage universel, du Règlement et des pétitions, de la Commission de la réforme administrative. Au cours de cette législature, il déploie une grande activité parlementaire, prenant part à la discussion de nombreux projets et propositions de loi. Ses interventions portent principalement sur les questions intéressant les quatre départements d'outre-mer (Guadeloupe, Guyane, Martinique et Réunion) que vient de créer la loi du 19 mars 1946. Rosan Girard est soucieux de voir accélérer l'exécution de cette loi afin que les populations concernées bénéficient rapidement d'un certain nombre de dispositions législatives applicables en métropole. Il dépose, sur ce point, une demande d'interpellation le 28 janvier 1949. C'est surtout dans le domaine des lois sociales, et plus spécialement dans celui des conventions collectives, de la durée hebdomadaire du travail et de l'allocation aux vieux travailleurs salariés qu'il insiste sur l'urgence d'un tel alignement. Le 11 mars 1948, il dépose ainsi une proposition de loi tendant à faire bénéficier effectivement et sans délai les populations des départements d'outre-mer des lois sociales en vigueur dans la France hexagonale. Il appelle également l'attention sur d'autres problèmes concernant les départements d'outre-mer. Le 12 avril 1949, il prend part à la discussion du projet de loi relatif à la législation des loyers dans ces collectivités territoriales. Lors des débats sur le projet de loi relatif au développement des crédits de fonctionnement des services civils, en 1951, il souligne l'insuffisance du nombre des logements en Guadeloupe. Le 16 novembre 1950, il dépose un rapport au nom de la commission du suffrage universel, du Règlement et des pétitions sur l'avis donné par le Conseil de la République sur la proposition de loi adoptée par l'Assemblée nationale tendant à modifier, pour les départements d'outre-mer, la législation des élections. L’intérêt particulier qu'il porte aux départements d'outre-mer ne l'empêche pas de s'intéresser aux questions concernant l'ensemble de la Nation, comme l'aménagement de la réglementation des changes, la politique de l'alcool, l'exploitation des services maritimes d'intérêt général.