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Véyatif

Véyatif

Fédération Santé et Action Sociale (FSAS-CGTG). “ Ce n'est pas la conscience des hommes qui détermine leur existence, c'est au contraire leur existence sociale qui détermine leur conscience" K. MARX


Personnes âgées : Trop c'est trop !

Publié par FSAS-CGTG sur 20 Mars 2019, 19:44pm

Basse-Terre, le 19 Mars 2019

 

Lettre ouverte A

 

Mme Valérie DENUX Directrice Générale de l'A.R.S.

Guadeloupe - Saint-Martin et Saint-Barthélemy 97 113 Gourbeyre

 

Mme Josette BOREL-LINCERTIN Présidente du Conseil Départemental

de la Guadeloupe 97 100 Basse-Terre

 

 

Objet : Les difficultés de la prise en charge des personnes âgées en Guadeloupe.

 

 

            Madame la Directrice, Madame la Présidente,

 

             Notre fédération vient à vous, par la présente, afin de vous exposer son inquiétude quant à l'opacité des politiques publiques dans le secteur des personnes âgées en Guadeloupe.

 

            Notre inquiétude est d'autant plus fondée que nous avons tenté, par plusieurs demandes de rencontres bilatérales, de les exposer à la présidence du Conseil Départemental sans succès.

 

            Nous constatons beaucoup de communication sur la projection sanitaire des services de l'Etat mais il nous semble que la caractéristique vieillissante de la population n'est pas assez prise en compte.

 

             Nous constatons, et singulièrement en période de semaine bleue, une toute aussi grande communication du Conseil Départemental autour des personnes âgées sans véritable efficience sur le terrain.

 

            Les 152 associations gestionnaires des S.A.D. (services à domicile), avec leur presque 5000 salariés, sont en grandes difficultés de par la structuration du financement de ce type de service. Ce qui avait été promu, dans les années 2000, en terme de formation des professionnels, est remis en cause aujourd'hui sans aucune vision de remplacement. 

 

             Les 21 EHPAD du territoire, soit près de 1500 salariés, ne répondent aucunement, ni à leur cahier des charges - de par leur inadaptation à la réalité locale, ni à leur mission première - de par la politique drastique de leur financement. L'impossible participation financière, pour la grande majorité des personnes âgées qui le méritent, contracte ceux qui ont investit, croyant trouver l'El dorado. Beaucoup commencent à vouloir larguer le navire en pleine mer, le cas SEMSAMAR est symptomatique de cet état d'esprit.

 

             Les associations gestionnaires locales sont, comme il faut le concevoir à l'échelle d'un petit territoire, de petites tailles. Les rares associations de moyennes tailles, avec plus de 200 salariés, ne doivent pas cacher les difficultés du secteur. Quant aux dérives médiatisées, elles ne sont que la partie émergée d'un système qui profite à certains au dépens des petites mains des aides à domicile vivant dans la précarité sociale.

 

             Les associations gestionnaires, comme toutes les associations militantes de naguère, font face à plusieurs réalités organisationnelles contraignantes :

 

- Le vieillissement des conseils d'administration et l'absence de relève, les jeunes semblant craindre la judiciarisation de la responsabilité dans la sphère associative.

 

- Certains présidents, ou /et autres administrateurs, dans la toute puissance.

 

- Certains Conseils d'Administration fantômes face à des Directions dans la toute puissance, quelquefois avec un silence complice des autorités.

 

            Ces réalités ont, malheureusement, jouer en faveur d'une désaffiliation sociale et vont, certainement, rendre possible des phagocytages à tir larigot, par de grosses associations extérieurs,  dans les années à venir.

 

            La loi dite sur le vieillissement est, visiblement, appliquée qu'au travers de sa perspective de contrainte budgétaire et les C.P.O.M. (Contrats Pluriannuels d'Objectifs et de Moyens) auront exactement la même incidence que la Tarification à l'Activité (T2A) a eu dans les Hôpitaux. Nous soulignons que le ministère de la santé semble, enfin et même partiellement, avoir compris le non-sens de la T2A au vu de la proposition de loi en cours, Ma santé 2022.

 

            A domicile, comme en institution, le constat des difficultés et de la souffrance au travail est amplement factuel :

 

- Propension exponentiel à la rupture conventionnelle.

 

- Paiement très en retard des aides à domiciles (Dépassant quelques fois le 10 du mois) sans réparation des incidences bancaires.

 

- Salaires inconséquents pour les aides à domicile alors qu'elles utilisent leur propres véhicules quasiment à leurs frais exclusifs.

 

- Incertitudes des professionnels quant à l'avenir.

 

- Epuisement, pathologies silencieuses diverses (voire décès) et vieillissement précoce des professionnels.

 

- Rythme de travail trop rapide et ayant des conséquences graves aussi bien sur les salariés que sur les usagers. Nous notons une absence totale d'humanité alors que, paradoxalement, l'on convie les salariés à des "formations" bidons pompeusement intitulées "humanitude" ou autres de ce genre.

 

- ...

 

            Nous préférons nous arrêter là car les problématiques des salariés sont si diverses face à la prise en charge des personnes âgées qu'elles méritent une véritable investigation. Ces problématiques ne sont pas le fruit d'une mauvaise foi des salariés ou d'une quelconque vue de notre esprit, mais un constat terrible qui risque de constituer une véritable problématique sociale si, urgemment, les mesures ne sont pas prises pour améliorer la situation.

 

             Fort de cela, notre organisation syndicale tient à avancer des propositions concrètes qui doivent aider à l'anticipation de cette problématique sociale :

 

- Financement de la perte d’autonomie par la branche maladie de la sécurité sociale et arrêt du CPOM.

 

- Révision des critères d'évaluation du G.I.R.

 

- De meilleures conditions de travail, de meilleurs salaires et la révision du taux horaire des aides à domiciles : le financement des S.A.D. (services à domicile) est inadapté.

 

- Reconnaissance des qualifications et formation pour les salariés non qualifiés.   

 

- Revalorisation des indemnités kilométriques  et prise en charge des frais professionnels.

 

- Investissement en moyens matériels et humains :  le financement des EHPAD étant non proportionnel aux besoins.

 

- Création d'un véritable secteur territorial de la prise en charge des personnes âgées en Guadeloupe combinat la gérontologie, la gériatrie, les services à domiciles et des projets innovants et adaptés à la condition de nos ainés (architecture, lien social, capacités financières des bénéficiaires, culture, culinaire...).

 

             La question politique et institutionnelle est manifestement sous-jacente, car toutes les politiques appliquées jusqu'à ce jour sont des directives Européennes. Mais elle n'est pas une fin en soi au regard de l'expérience des EHPAD des Iles du nord. 

 

             Dans un pays à risques majeurs divers et avec une population vieillissante avoisinant les 160.000 à l'horizon 2040 et en tenant compte de la dépopulation, il est plus que temps de prendre les choses à bras le corps sans exclure ceux par qui tout est possible, en respectant leurs droits : les salariés qui, pour beaucoup d'entre eux, feront le lot des pris en charges dans 20 ans.

 

             Nous vous assurons, Madame la Directrice, Madame la Présidente, de nos respectueuses salutations.

 

                                                                                       Le secrétaire général

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