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Véyatif

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Fédération Santé et Action Sociale (FSAS-CGTG). " Celui qui combat peut perdre, mais celui qui ne combat pas a déjà perdu ". Bertolt BRECHT


G.I.P.-RASPEG : La FSAS-CGTG interpelle les politiques sur la déconstruction en cours.

Publié par FSAS-CGTG sur 22 Décembre 2020, 16:59pm

Basse-Terre, le 15 Décembre 2020

A

M. Olivier VERAN – Ministre de la santé

M. Alexandre ROCHATTE – Préfet de la Région Guadeloupe

M. Ary CHALUS – Président du Conseil Régional de la Guadeloupe

Mme Josette BOREL-LINCERTIN – Présidente du Conseil Départemental de la Guadeloupe

M. Daniel GIBBS – Président de la C.O.M. de Saint-Martin

M. Bruno MAGRAS – Président de la C.O.M. de Saint-Barthélemy

M. Doctrove JANKY – Président de la C.G.S.S. de la Guadeloupe

M. Gérard COTTELON – Président du GIP-RASPEG

 

Objet : La déstructuration en cours du GIP-RASPEG.

Madame et Messieurs en vos fonctions respectives,

            Notre organisation syndicale vient à vous, par la présente, afin de vous interpeller sur la déstructuration en cours d’un dispositif territorial au service de la santé publique qui a fait montre d’une grande réussite.

            En effet, le GIP-RAPSEG (Groupement d’Intérêt Public – Réseaux et Actions de Santé Publique En Guadeloupe, Saint-Martin, Saint-Barthélemy) est, depuis 2012, une institution dans la coordination et l’appui aux professionnels de santé, du sanitaire, du médico-social, du social, et de la population singulièrement dans le besoin d’orientation et de prise en charge chaque fois que de besoin.

         La loi du 04 Mars 2002 a introduit la notion de réseaux afin de permettre une coordination de la prise en charge, particulièrement pour les publics problématiques face à la diversité, si ce n’était la complexité de l’offre de soins de l’époque. Nombreux, efficaces et couvrant plusieurs filières, furent les réseaux en Guadeloupe, mais les réformes successives de l’organisation sanitaire contraignaient à une réponse bien plus efficiente, au fil du temps.

            L’expérience de terrain et ces diverses réformes, ont conduit les responsables locaux à concevoir un outil qui devait répondre à une situation sanitaire évolutive, reposant sur la mise en commun de compétences diverses et disponibles localement au sein d’un plus grand réseau de coordination et au service d’une population insulaire qui en avait, et en a toujours, besoin.

            Ainsi est né ce regroupement, le GIP-RAPSEG, qui est danger alors même qu’il est précurseur et demeure une expérience unique sur le plan national. Précurseur parce qu’il opérait déjà en PTA (Plateforme Territoriale d’Appui - Loi santé de 2016) que beaucoup d’autres Régions nous envie, de par sa réussite.

Aujourd’hui, la Loi de santé de juillet 2019 introduit les Dispositifs d’Appui à la Coordination (DAC) qui, à notre sens, est tout naturellement dévolu au GIP-RAPSEG de par son expérience et ses grandes réussites, remplissant déjà plus de quatre-vingt-dix pour cent des missions d’un D.A.C. (voir les recommandations de l’A.N.A.P.). L’équipe du GIP-RAPSEG ayant, ainsi, démontré leur anticipation et leur professionnalisme au service de la santé publique en Guadeloupe et dans les îles du nord.

Un climat délétère s’est installé au sein d’une équipe diverse et très  engagée, au regard d’une remise en question de leur travail et de leurs réussites. L’A.R.S., autorité sanitaire territoriale qui a été pourtant fondatrice, semble avoir lancé une véritable O.P.A. déguisée pour faire succéder au GIP-RAPSEG, un D.A.C. en récupérant l’essentiel de l’infrastructure mais sans le personnel déjà formé (D.I.U. – C.C.P.S.) et fin prêt, et les autres missions.

La manière très cavalière de l’investissement de l’équipe A.R.S. des locaux du GIP-RAPSEG lors du confinement, alors que l’équipe du G.I.P. était tout à fait en mesure de servir de plateforme COVID, ont éclairé plus d’un aveugle sur l’intention réelle de l’A.R.S..

Notre interrogation est de comprendre l’intérêt de déstructurer un outil qui existe, fonctionne et est opérationnel pour la mise en place du D.A.C. ? Ne serait-il pas plus simple que le G.I.P. devienne D.A.C. ? Nous rappelons que le G.I.P répond, en tous points, au cahier des charges d’un D.A.C. :

  • Accueil téléphonique unique du territoire.
  • Prise en soins en E.T.P. (Accueil physique).
  • Accessibilité pour les professionnels.
  • Partenariats externes, collaborations et conventionnements (Soutien aux initiatives locales et professionnelles).
  • Soutien aux acteurs du premier recours, services hospitaliers dont la filière gériatrique, les urgences adultes, la gestion des sorties d’hospitalisation, les urgences pédiatriques…
  • Équipe pluri professionnelle.
  • La gestion administrative.

Que peut-on vouloir de plus lorsque, par ailleurs, c’est l’échec qui motive une réforme ? Il y a, là, un non-sens qui portera préjudice à l’avenir. De surcroit, des audits successifs restant sans bilan vers le GIP et le « dialogue de gestion » mis en place laissent à penser à un acharnement contre la structure en place.

Cette situation est révélatrice de la défiance des autorités envers l’action locale et nous fait craindre le pire. Le personnel n’a eu de cesse, depuis deux années, d’interpeller tous les responsables politiques et sanitaires sans grands succès et nous nous en inquiétons à leurs côtés.

Il nous parait urgent que, de par votre intercession, tout soit mis en œuvre pour que le GIP-RAPSEG soit constitué en D.A.C. de la Guadeloupe et des iles du nord, sauvegardant l’infrastructure, l’expérience et la compétence acquise par un personnel dévoué à la cause d’une santé publique insulaire et efficiente.

            Dans l'attente et restant à votre disposition,

            Nous vous assurons, Madame, Messieurs, de nos respectueuses salutations.

 

                                                                                       Le secrétaire général,

BELAIR Philippe

 

Ampliations à : Mesdames et Messieurs les Parlementaires de la Guadeloupe, de Saint-Martin et Saint-Barthélemy.

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