Le 23 Juillet dernier, se tenait une audience de référé au Tribunal Administratif de Basse-Terre initié par l’I.P.G. contre une décision de l’A.R.S.. La décision en question est le choix de l’Agence porté sur un prestataire dans le cadre d’un appel d’offres quadriennal pour l’analyse des eaux en Guadeloupe.
Il y a quatre ans, l’appel faisait état de deux lots (Eaux de consommation et eaux de baignades). Dès l’époque, le choix avait porté sur de CARSO pour le lot « Eaux de consommation », et l’autre lot avait été attribué à l’I.P.G.. Durant ces quatre années, la population Guadeloupéenne a connu nombre de mise en garde de l’A.R.S. sur la non-potabilité de l’eau de consommation… Mais deux ou trois semaines après les prélèvements, ce qui laisse à dire que dans l’intervalle nous avions le temps de consommer à volonté cette eau.
En 2025, l’A.R.S. relance un appel et sans surprise l’I.P.G. et CARSO sont encore en lice. L’I.P.G.. Mais cette fois, l’A.R.S. fait trois lots : Eaux de consommation, Piscines (Privés et publics) et Eaux de baignades (mer et rivières). L’I.P.G. s’est donc positionné uniquement sur les lots 2 et 3, pensant surement que le lot 1 était définitivement perdu, alors que CARSO s’est positionné sur les trois. Le 20 Juin 2025, l’Agence prend sa décision en attribuant les trois lots à CARSO, ce qui ne manque pas de faire réagir l’I.P.G. par le référé en question où il conteste les motivations qui soutiennent la décision.
En dehors du référé de l’I.P.G., et en tant qu’organisation syndicale représentative au sein de l’I.P.G., il nous appartient de constater que depuis quelques années, l’expérience et la compétence importent peu au profit du mieux-disant dans les décisions administratives. De nos jours, tout le monde peut tout faire à moindre coût et tant pis pour celles et ceux qui n’ont d’autres choix que de subir… la population. Tout comme pour la maternité du C.H.B.T, les décisions sont technocratiques et comptables pourvu que le décideur fasse la démonstration de sa capacité à trancher en faveur de l’entreprise pur et dur qui n’a que faire du résultat et des conséquences sociales.
Quid de l’I.P.G. ? L’I.P.G. c’est 48 salariés compétents et des laboratoires sur place, c’est aussi une longue expérience voire même une institution pionnière en matière de prophylaxie en Guadeloupe, singulièrement concernant la qualité de l’eau et les vecteurs de dengues et autres. Il est, d’ailleurs, folklorique de voir un reportage sur l’usage des « golomin » contre les larves de moustiques en Argentine alors que feu Guy CORNELY, un ancien de l’I.P.G., en avait largement fait la démonstration… Un de ces jours, c’est une entreprise Argentine qui viendra mener la lutte vectorielle en Guadeloupe.
La Guadeloupe a, depuis longtemps, l’expérience, les compétences et la réactivité nécessaires pour analyser toutes nos eaux mais le choix est fait sur une entreprise qui doit envoyer ses prélèvements en France pour nous informer des résultats… Deux à trois semaines après, le temps de se contaminer.
On prend le risque de priver à l’I.P.G. une ressource importante dans son budget (près de 5 millions par an), avec les conséquences prévisibles. Ce monde ultra-libéral devient de plus en plus fou au nom des économies de chandelles et de choix mettant en danger toute une population qui souffre, déjà, de la présence du chlordécone et des sargasses… Pa ni asé, fô yo wouba dôt sa nou sa fè !
La FSAS-CGTG dénonce le choix qui est fait de déstabiliser l’I.P.G., plus compétent – plus expérimenté et plus réactif au profit d’une aventure qui coutera très cher à la seule population Guadeloupéenne.
Basse-Terre, le 24 Juillet 2025