C.H.U.G. : Opacité et sélection avant d’intégrer le nouveau site de Perrin !
Nous apprenons l’investissement, enfin, du nouveau C.H.U.G. mais seulement du service d’imagerie et pour deux pelés et trois tondus, ce lundi 13 Avril dernier. L’idée serait, selon la presse présente pour l’événement de l’année, un essai progressif dans un laps de temps plus ou moins long. Nous notons, en passant, que le nouveau site sera nommé « Belle-plaine » plutôt que « Perrin », deux quartiers proches certes mais les noms ne sont pas choisis par hasard !
Que l’on ne s’y trompe aucunement, nous ne sommes pas contre ce nouveau C.H.U.G., d’ailleurs ce sont nos camarades de l’époque qui avait déposé une motion à une délégation ministérielle, dirigée par Roselyne BACHELOT, en visite en Guadeloupe en 2010. Et c’est à partir de cette motion – bien argumentée - que tout est parti pour la reconstruction… Contrairement aux multiples revendications tardives de paternité qui circulent.
Nous ne reviendrons pas sur les démêlées de cette construction et les moult vœux de déménagement, mais nous préférons renvoyer à notre analyse fédérale du 30 Mars 2025 : https://www.veyatifsascgtg.org/2025/03/analyse-federale-sur-l-eternelle-ouverture-du-nouveau-c.h.u.g-mars-2025.html ... Visiblement, nous avions vu juste et le folklore continue dans une opacité technocratique et une sélection quasi discriminatoire.
Par contre, nous sommes obligés de constater que pour ce nouveau C.H.U.G, le compte n’y est pas et l’offre de soins est sacrifiée.
Derrière un étalage de chiffres annoncés dans les médias (plus de 650 millions, près d’un milliard si on ajoute les investissements d’infrastructures d’accès. Pour un CHU tant attendu, l’ouverture se fait avec des années de retard.
Derrière la mise en scène médiatique orchestrée par la direction à l’occasion de cette « l’ouverture », une interrogation s’impose : ce mastodonte tant espéré sera-t-il à la hauteur des attentes ? Le C.H.U.G pourra-t-il soigner les patients de Guadeloupe et corriger les défaillances de la structure actuelle ?
Or, ce que nous voyons actuellement ne poussent guère à l’optimisme. Les conditions mêmes de cette prétendue ouverture nous rendent dubitatifs :
- Une ouverture plus que minimale pour les patients externes, c’est-à-dire non hospitalisés.
- Une préparation insuffisante : alors que le chantier accuse plusieurs années de retard, l’ensemble des services n’est pas prêt à intégrer le nouvel établissement. Le personnel n’a pas été impliqué, ni préparé et peu informé. Il apprend, en même temps que les média, les informations concernant ce déménagement.
- Le Protocole de transfert est inconnu par l’ensemble du personnel y compris au niveau des cadres administratifs, médicaux, paramédicaux et représentants syndicaux.
- Un calendrier flou, incertain, annoncé tardivement : déroulé sur quelques mois sans aucune date précise. Aucune préparation, ni de période de marche à blanc annoncée qui n’a pas, en réalité, été menée en bonne et due forme.
Ainsi « l’ouverture » du nouveau CHUG commence par une offre de soins de radiologie pour les patients non hospitalisés de service au profit d’intérêts…. Moins collectifs. Les professionnels ne sont pas impliqués, non pas parce qu’ils refusent mais parce qu’ils n’y sont pas invités. Pourtant, lors de l’incendie, si ce même personnel ne s’était pas mobilisé instinctivement, la gestion de cet événement aurait été une catastrophe. Voilà qui nous contraint à la conclusion que l’offre de soins est en danger.
Pas un mot sur cette offre de soins, sur les services et les projets de soins : le discours se limite à vanter les appareils neufs sans dire ce qu’on va en faire et en quoi ils vont permettre de mieux soigner. Des appareils neufs existent déjà dans la structure actuelle mais il faut pouvoir les entretenir correctement et, surtout, il faut un personnel soignant en nombre, formés à leur utilisation, une organisation Medico-administrative cohérente, des finances saines pour produire des soins de qualité.
Cette opacité semble bien cacher une offre de soins qui n’est pas à la hauteur des enjeux liée à la casse des services et des projets de service. On assiste à la casse de trois services spécialisés d’importance majeure, qui n’ont pas de chef de service spécialiste de leur discipline à leur tête : service de radiologie, de cardiologie, de chirurgie vasculaire et thoracique. Il s’agit d’une situation qui n’a lieu dans aucun autre CHU de France voire du monde ! Pourtant ces services sont au premier rang pour le traitement des maladies cardiovasculaire et du cancer les deux principales causes de mortalité en France, en général, et en Guadeloupe, singulièrement
Sur le service de radiologie : Alors que le service de radiologie est le premier à inaugurer l’ouverture du nouveau CHUG, que l’on connait le coût des équipements - notamment des scanners, sait-on qu’il n’y a pas de radiologue chef de service à la tête du service de radiologie ? Qu’il y a actuellement moins de radiologues seniors que d’équipements lourds (IRM scanner) ? Que la majeure partie de l’activité du service est faite par téléradiologie ? Comment penser que le personnel déployé sur trois sites (Palais royal, Chauvel, Perrin) pour une durée non précisable, va pouvoir être en mesure d’assurer une montée en charge à la hauteur des attentes ? Voilà un service avec un bilan très positif, un projet de soins et de territoire ambitieux élaboré en projection vers le nouvel hôpital détaillé et validé en directoire… Et pourtant ?
Sur le service de Chirurgie vasculaire et thoracique : Le CHUG n’a plus de service de chirurgie vasculaire et thoracique. On constate une absence de secteur d’hospitalisation véritable (seuls 4 lits dans le service d’urologie), ainsi qu’une absence de chef de service spécialisé dans la discipline. C’est le président de la CME, urologue, qui s’est autodésigné à cette fonction. Ces disciplines sont pourtant indispensables dans notre région qui a le taux d’amputation le plus élevé de France et dans lequel les traumatismes thoraciques accidents de la voie publique, plaies par arme, sont fréquents.
Sur le service de cardiologie : il y a cette mise à l’écart symptomatique du chef de service et cet intérim assuré par un chef de service neurologue avec pour conséquence : une désorganisation du service, une baisse de l’offre soins, et des effectifs médicaux. Ces conséquences ont été perçues par les patients. Un patient a même fait une grève de la faim pour obtenir des soins urgents, considérant que sa vie était en danger… Un patient connu de la place qui a contraint la Direction à une réaction, mais que dire des nombreux autres patients moins connus ?
La Direction, et surtout le président de la CME, se refusent à nommer un chef de service compétent et expérimenté laissant actuellement le service sans chef alors que la période d’intérim est terminée depuis plusieurs mois ! Dans le même temps, alors qu’on écarte (par non-renouvellement de contrat), qu’on pousse au départ les médecins en place dans le service, on tente (sans succès) d’attirer de jeunes médecins de l’hexagone en mettant en avant les avantages de l’emploi (billets d’avions, logements, prime, plage).
Le personnel paramédical a appris tout récemment, de façon informelle, le découpage du service de cardiologie en quatre unités fonctionnelles avec à leur tête des « référents » sans désignation d’un chef de service en mesure de coordonner ces UF. Situation unique, du jamais vu dans aucun CHU de France.
Par ailleurs, de nouveaux rythmologues ont été recrutés pour le bloc de rythmologie, mais qu’en est-il de la formation des paramédicaux à la veille de l’ouverture des blocs et pour combien de patients ?
Nous nous étions positionnés contre le démantèlement du service de cardiologie et la mise à l’écart du professeur LARIFLA, car nous avions parfaitement compris les tenants et les aboutissants de cette kabbale qui ne dit pas son nom. Le cas LARIFLA n’était qu’une plantule qui devait cacher une jungle de « projets » sur mesure pour chatouiller des égos et des ambitions à vau-l’eau.
Dernièrement, un document circulait en interne pour faire appel à un nouveau projet de service pour cette cardiologie, jusqu’ici tout est normal et licite. Sauf qu’un projet existait déjà à l’initiative du Professeur LARIFLA, mais ce dernier n’est pas l’heureux élu dans le cœur de l’aristocratie médicale. Il serait même le vilain petit canard sauf… quand d’autres, mieux vus, échouent sur la table d’opération.
Alors même que l’on nous assène de menteries pseudo comptables à longueur de journée pour ne pas investir là où il faut, nous découvrons que carte blanche est donnée à cette aristocratie médicale pour dépenser sans compter.
Ainsi, ce fameux projet de recrutement sur mesure pour la cardiologie avec maison, voiture de fonction, prime alléchante… nous conduit à croire que les moyens financiers sont bien là mais pas à bon escient. Le service de cardiologie du CHUG aurait-il une fortune cachée ou est-il privilégié par la Direction ? Dans les deux hypothèses, ce sont les patients et le personnel qui perdent dans l’affaire.
Nous pensons qu’il y a une fortune cachée, voilà pourquoi le personnel exige de l’eau chaude pour les douches des patients, un fruit tous les jours sur les plateaux et un dessert obligatoire, que les régimes soient variés pour garantir une prise en charge de qualité du patient… Le strict minimum attendu dans un hôpital qui se respecte.
Pourquoi cette réorganisation des UF du service, sans aucune information ni concertation avec les soignants ? Sont-ils des illettrés ou des incultes ? Ou peut-être de simples cobayes pour le « merveilleux » projet de GHT ?
En dehors de la situation saisissante de ces trois services, d’autres services sont tout aussi problématiques. Les dimensionnements seraient insuffisants, les équipes médicales et/ou paramédicales en nombre insuffisant, le personnel est déjà en souffrance grâce à un « management » toxique.
D’autres interrogations s’imposent alors. Et la plus prégnante est de savoir, dorénavant, où se valident les véritables décisions du CHUG ? Nous avons vu que la cardiologie est, depuis sa balkanisation insensée, un service à la dérive car sans chef de service… C’est-à-dire sans boussole. Mais les autres services ne sont pas en reste, il y a une grande incertitude, si ce n’est un grand chaos, qui règne au sein du CHUG. en dépit de l’air placide de ceux qui sont chargés de « réussir » le transfert à Perrin… Zigchap ! A la Belle plaine s’il vous plait !
Dans notre résolution fédérale (https://www.veyatifsascgtg.org/2026/04/resolution-federale-au-conseil-federal-du-vendredi-27-mars-2026-sur-la-politique-de-fusion-des-hopitaux-en-guadeloupe.html ), votée à notre Conseil Fédéral du 27 Mars 2026, nous dénonçons le plan néolibéral qui consiste à « mutualiser » pour ne pas dire fusionner les hôpitaux de la Guadeloupe avec pour seul centre : Perrin.
« La FSAS-CGTG, par cette présente résolution fédérale, Dénonce publiquement l’orientation des politiques sanitaires en Guadeloupe qui ne vont pas dans le sens d’une prise en charge sanitaire de la population mais qui obligent à marchandiser le soin, faisant des patients des clients et des travailleurs de la matière première ».
Après les services d'imagerie, quel service intègrera le nouveau CHUG et dans quelles conditions ?
Y-a-t-il une politique discriminatoire quant aux prochains recrutements pour le nouveau CHUG, au regard des méthodes opaques qui règnent ?
La Direction et l'encadrement ont-ils mis en place, au sein des différents services, de vrais projets de déménagement ?
Yo kwè di « Kouyon sé jaden a savan »… men nou la ka véyé jès é makakri a-yo !
L’U.S.P.H. (Union Sectorielle des Personnels Hospitaliers) est l’une des 6 Unions Sectorielles de la FSAS-CGTG, avec l’U.S.S.M. (Social et Médicosocial) – l’U.S.S.P. (Santé Privée) – L’U.S.P.E. (Personnel Encadrant) – L’U.S.S.E. (Stagiaires et Etudiants) et l’U.S.S.R. (Salariés Retraités). L’U.S.P.H. réunit toutes les sections syndicales FSAS des hôpitaux de la Guadeloupe et vous représente au C.A.P.D. (Agents), en C.C.P.(Contractuels) et au C.M.D. (Suite longue maladie). L’U.S.P.H. milite pour une vraie santé publique pour la Guadeloupe.