Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Véyatif

Véyatif

Fédération Santé et Action Sociale (FSAS-CGTG). " Celui qui combat peut perdre, mais celui qui ne combat pas a déjà perdu ". Bertolt BRECHT


Communiqué Fédéral de Presse – 04 Décembre 2025 : E.P.S.M. de la Guadeloupe : Après le décès d’un psychiatre… Est-il encore temps de se ressaisir pour une prise en charge adaptée aux problématiques de l’archipel ?

Publié par FSAS-CGTG sur 4 Décembre 2025, 11:29am

Cette semaine a commencé par un drame qui a vu le passage à l’acte d’un patient et le décès d’un médecin psychiatre lors d’une consultation en C.M.P. qui ne semblait présager aucunement de cette fin.

Beaucoup de communiqués et de commentaires ont déjà circulé, certains pour soutenir les proches du médecin, d’autres pour « s’inquiéter » de la tangente violente de la société.

La FSAS-CGTG, bien-entendu, regrette cet événement et porte son soutien indéfectible aux proches du médecin, le docteur Jean-Michel GALL.

Mais, au-delà de ce soutien, nous devons nous interroger sur l’évolution en cours de la psychiatrie en Guadeloupe. Nous devons analyser le pourquoi des évènements et cela à froid.

Dans notre mémorandum revendicatif sur la psychiatrie en Guadeloupe, datant de 2016 juste avant la constitution de l’EPSM-G, nous faisions le constat suivant :

« - Une dégradation des conditions de travail, conséquence de la rigueur budgétaire, entraînant une détérioration continue des relations de travail, comme partout ailleurs. La psychiatrie est une discipline qui fait appel à la relation humaine dans la phase équilibrée, or une technicisation alliée à une distanciation pseudo professionnelle - une juridicisation à outrance - et une désubstantialisation des métiers sont en cours et en train de la déshumaniser.

            - Une pénurie organisée des moyens des prises en charges des patients (sorties et actions socio-éducatives de moins en moins utilisés). Les professionnels ne s'y retrouvent plus et plongent dans la tétanie, interprétée inopinément comme de la résistance au changement. L'effet immédiat est l'opposition entre usagers, parents d'usagers et professionnels. Si la démocratie sanitaire est une complémentarité à la citoyenneté des patients, elle semble devenir une arme tournée contre les professionnels.

            - Le manque de soignants par la perte d'une centaine de postes de soignants et d'une dizaine de postes de P.H. (En dehors d'un manque inhérent au mode gestion imposé, il y a des démissions et retraites exponentiels depuis que Montéran est dans la dynamique comptable stricto sensu).

            - Des glissements de tâches dangereux augurant une volonté de déqualifier les métiers et de généraliser la polyvalence, un retour en arrière que l'on présente comme une nécessaire "modernisation".

            - Des patients critiques (SDF, addictes, précaires) pris en charges superficiellement voire à la vas-vite, logique comptable oblige, sans véritable projet personnalisé. La conséquence de cela est le plongeon des patients dans un cercle vicieux qui n'ouvre aucune perspective à leur stabilisation ».

Nous proposions, à l’époque, une vision plus humaniste dont :

  • La réalité professionnelle (Ressource Humaine) pour la prise en compte des orientations de prise en charge, tant qualitative que quantitative. La tendance à vouloir utiliser les hommes et les femmes à bon escient économique casse toute la dynamique novatrice et humaniste. La méthodologie de gestion des agents sur tout le territoire doit écarter le "management", véritable antithèse de toute organisation ou toute action fondée sur l'humanisme.
  • La capacité novatrice permettant aux femmes et aux hommes du terrain d'être réactifs aux besoins pour dignement accompagner les patients. Il faut revenir aux bons sens professionnels et faire confiance à la capacité des hommes et des femmes sur le terrain.
  • La mise en place d'un vrai réseau entre le sanitaire et le médico-social pour assurer un suivi permanent des problématiques : C.H.R.S., SAMSAH, Services à la personne.
  • La prise en compte de la réalité d'un terrain à contre-courant de la vision pseudo comptable, réalité qui exige que les moyens soient donnés pour assurer une vraie prise en charge.

Dix ans plus-tard, force est de constater que les choix opérés n’ouvrent aucune perspective de prise en compte de la souffrance psychique, en dépit des grandes journées sur la « santé mentale » - concept fumeux de l’O.M.S. pour justifier de l’application bête et discipliné du C.I.M. (document néolibéral pathologisant tout et n’importe quoi au lieu de se focaliser sur ce qui fait sens médicalement).

La FSAS-CGTG constate les difficultés et les risques des professionnels sur le terrain qui sont la conséquence de choix budgétaires, pour les Hôpitaux, et politiques, pour la société en général, alors que les problématiques sociaux et psychiques sont exponentiels.

La FSAS-CGTG dénonce le choix d’une psychiatrie « EXCEL » qui coute très cher aux professionnels de la psychiatrie et à la population Guadeloupéenne.

Basse-Terre, le 04 Décembre 2025

                                                                                                                           

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents